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Octobre 2000
Rechercher l'Esprit de Dieu

Rechercher l'Esprit de Dieu

Douglas L. Callister
des soixante-dix

« Plus nous nous rapprochons du Saint-Esprit, plus notre vie se purifie. Ce qui est sordide et vil ne nous attire plus. »

Douglas L. Callister

En Italie, il y a une majestueuse sculpture de Moïse avec une fissure sur l'un des genoux. Un guide touristique a dit que Michel-Ange, voyant ce chef-d'oeuvre, avait violemment lancé un ciseau sur la sculpture en s'exclamant avec dédain : « Pourquoi ne parle-t-elle pas ? »

Contrairement à la pierre inanimée, la véritable Eglise de Jésus-Christ est pleine de vie. La voix, l'Esprit et le pouvoir de Dieu sont présents dans nos services de culte et chaque fois que les ordonnances de la sainte prêtrise sont administrées.

Elie a demandé à Elisée : « Demande ce que tu veux que je fasse pour toi. » Elisée a répondu : « Qu'il y ait sur moi, je te prie, une double portion de ton esprit1. » Il n'aurait rien pu demander de plus important.

Joseph Fielding Smith a écrit : « L'Esprit de Dieu parlant à l'esprit de l'homme a le pouvoir de transmettre la vérité. . . Par le Saint-Esprit, la vérité est tissée dans chaque fibre et jointure du corps afin qu'elle ne puisse pas être oubliée2. »

Lorsque nous sommes confirmés membres de l'Eglise, la voie nous est ouverte pour que nous puissions rechercher cette dotation céleste. Cela doit être une quête fervente menée la vie durant.

Plus nous nous rapprochons du Saint-Esprit, plus notre vie se purifie. Ce qui est sordide et vil ne nous attire plus. C'est la spiritualité que nous acquérons qui nous sépare du monde profane.

L'homme tourné vers le spirituel remarque la beauté dans le monde qui l'entoure. Lorsque la terre a été organisée, le Seigneur a vu que « cela était bon ». Puis que « tout cela était bon3 ». Notre Père céleste est content lorsque, nous aussi, nous prenons le temps de remarquer la beauté qui nous entoure, ce que nous faisons naturellement lorsque nous devenons plus spirituellement sensibles. Notre reconnaissance de la grande musique, de la bonne littérature et de l'art véritable est souvent le résultat naturel de la maturité spirituelle. Dans une évocation poétique de la théophanie de Moïse et du buisson ardent, Elizabeth Barrett Browning a écrit : « La terre est couverte de manifestations célestes et Dieu se trouve dans chaque buisson, mais seul celui qui les voit ôte ses chaussures4. »

Lorsque nous recherchons l'Esprit, nous lisons les Ecritures en réfléchissant davantage. Nous redécouvrons les vertus de la lecture lente. Nous lisons davantage à haute voix, ce qui est peut-être la manière dont les Ecritures doivent être lues. Brigham Young a dit : « Tout ce que j'ai à faire est. . . de garder mon esprit, mes sentiments et ma conscience comme une feuille de papier vierge, et de laisser l'Esprit et le pouvoir de Dieu y écrire ce qu'il souhaite. Quand il écrira, je lirai ; mais si je lis avant qu'il n'écrive, j'ai toutes les chances de me tromper5. »

Plus notre spiritualité s'accroît, plus nous devenons sélectifs dans nos lectures. J. Reuben Clark a dit : « J'ai maintenant pour règle de ne jamais lire ce qui ne vaudra pas la peine que je m'en souvienne6. » Thomas Jefferson lisait toujours quelque chose d'édifiant juste avant de se coucher, « quelque chose sur quoi méditer durant les intervalles du sommeil7 ».

Un autre fruit de la maturité spirituelle est l'amélioration de la prière. Il y a un peu plus de trente ans, le président Kimball m'a appelé comme président de pieu. A la fin d'un long week-end de conférence, je lui ai demandé s'il avait un conseil à me donner. Il m'a répondu : « Enseignez aux saints des derniers jours à prier. Notre peuple ne doit pas oublier comment communiquer avec notre Père céleste. C'est tout. » La plupart des enseignements les plus profonds et les plus importants de l'Eglise sont simples.

Ceux qui auront passé leur vie à s'efforcer de mériter la compagnie constante du Saint-Esprit, auront atteint en arrivant dans l'au-delà une grande envergure spirituelle, alors que ceux qui auront vécu sans Dieu dans ce monde, n'en seront qu'aux balbutiements.

Joseph F. Smith était d'une grande spiritualité. Un membre du Collège des Douze a dit de lui : « Spirituellement, c'était l'homme le plus grand que j'aie jamais rencontré. J'étais dans le Tabernacle lorsque le président Smith a béni les saints des derniers jours. Il les a bénis pendant vingt minutes. Durant ces vingt minutes, des larmes ont coulé sur tous les visages dans le Tabernacle8. »

Au décès de Joseph F. Smith, Charles W. Nibley, ancien évêque président, a dit : « Jamais il n'y eut d'homme plus moral, plus chaste, plus vertueux jusqu'à la moindre fibre de son être que lui. Il était opposé à toutes les formes ou à toutes les pensées d'impudicité, et aussi immuable qu'une montagne. Qui pourrait se comparer à lui comme prédicateur de la justice ? Il fut le plus grand que j'aie jamais entendu : puissant, clair, attirant. C'était merveilleux d'entendre comme les paroles de lumière et de feu vivant sortaient de sa bouche. . . [Quand] le coeur du président Smith était accordé sur les mélodies célestes, il pouvait entendre et entendait9. »

David O. McKay avait, lui aussi, acquis le grand talent qu'est la spiritualité, Bryant S. Hinckley a écrit : « David O. McKay a fait beaucoup de bonnes choses et a dit beaucoup de belles choses, mais il est meilleur que tout ce qu'il a pu dire ou faire10. »

Le grand combat de notre état prémortel avait pour enjeu les âmes individuelles. Nous menons le même combat ici, pour nous efforcer de devenir des êtres suprêmement spirituels. « La spiritualité est la conscience de la victoire sur soi-même11. » C'est la connaissance sûre que nous gagnons le combat dont notre âme est l'enjeu. La sensualité est le domaine de la satisfaction des appétits. La spiritualité est le domaine de la victoire sur soi-même.

J'ai assisté à un cours de l'Eglise où l'instructeur demandait quels conseils nous donnerions à nos enfants juste avant de mourir. J'ai répondu : « Premièrement, respectez vos alliances. Dieu respecte les siennes. Ce sera important de se tenir devant votre Père céleste et de pouvoir dire : ÐJe suis revenu. Je suis pur. J'ai fait tout ce que j'avais fait alliance de faire.ð »

Deuxièmement, recherchez l'Esprit de Dieu. Les Ecritures nous adressent cette supplication : « N'éteignez pas l'Esprit12. » « N'attristez pas l'Esprit13. » Il ne vient pas dans les coeurs ou les esprits impurs. Il vient discrètement et sans mise en scène. Une oreille attentive peut entendre un bruissement d'aile. Si nous n'écoutons pas, il partira.

Je témoigne que l'action de l'Esprit est réelle et qu'elle se manifeste dans cette Eglise. Je témoigne aussi du Christ, le Rédempteur, et de l'oeuvre qu'il a instituée dans cette dispensation. Au nom de Jésus-Christ. Amen.

NOTES

1. 2 Rois 2:9.
2. « The Sin against the Holy Ghost », Instructor, oct. 1935, p. 431.
3. Genèse 1:4, 31.
4. John Bartlett, Familiar Quotations, 11e édition, 1937, p. 431.
5. Deseret News Weekly, 19 avril 1871, p. 125.
6. Cité par Joseph L. Wirthlin, General Conference Reports, avril 1947, p. 85.
7. The Best Letters of Thomas Jefferson, éd. J. G. de Roulhac Hamilton, 1926, p. 227.
8. Conversation personnelle avec Le Grand Richards du 1er juillet 1978.
9. Joseph F. Smith, Gospel Doctrine, 1939, pp. 522-525.
10. « Greatness in Men ­ David O. McKay », Improvement Era, mai 1932, p. 446.
11. Gospel Ideals, 1953, p. 390.
12. 1 Thessaloniciens 5:19.
13. Ephésiens 4:30.

 
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