Gordon B. Hinckley
« Rien n'affectera plus profondément votre bonheur, rien ne vous rendra plus fiers ou plus tristes, non rien, si ce n'est le sort de vos enfants. »
Les jeunes gens ici présents ce soir reçoivent d'excellents conseils. J'espère qu'ils écoutent bien et que leur vie en sera rendue meilleure.
J'ai choisi de m'adresser aux pères. Vous savez déjà ce dont je vais parler. Vos femmes vous ont rappelé ce que serait mon thème de ce soir. Je le leur ai dit, à la conférence de la Société de Secours, il y a deux semaines. Il se peut que je vous dise une partie de ce que leur ai dit. Je vous rappelle qu'enseigner, c'est répéter.
Je vais aborder un sujet qui me tient très à coeur. Il me préoccupe énormément. J'espère que vous ne le prendrez pas à la légère. Il concerne votre bien le plus précieux. « Rien n'affectera plus profondément votre bonheur, rien ne vous rendra plus fiers ou plus tristes, non rien, si ce n'est le sort de vos enfants.
Ou bien vous vous réjouirez et serez fiers de leurs accomplissements ou vous pleurerez, la tête dans les mains, affligés et désemparés, s'ils deviennent pour vous une cause de déception ou d'embarras.
Beaucoup d'entre vous assistent à cette réunion avec leurs fils. Je félicite très chaleureusement les pères. J'adresse aussi mes compliments aux fils. Ils sont, les uns comme les autres, en la meilleure compagnie. Je suis très fier d'un très grand nombre de nos jeunes, tant les garçons que les filles. Ils sont brillants. Ils sont disciplinés. Ils ont une perspective à long terme pour considérer les choses. Ils ont la tête sur les épaules. Ce soir, ils sont là où ils devraient être. Certains chantent dans ce choeur. Ils sont assis dans des assemblées partout dans le monde. Ils sont en mission. Ils s'efforcent de faire leurs études, renonçant aux plaisirs au profit de possibilités à venir. Je les admire. Je les aime. Vous les admirez et les aimez aussi. Ils sont nos fils et nos filles.
J'espère qu'ils resteront sur la voie qu'ils suivent maintenant, je les supplie de le faire et je prie pour cela.
C'est triste à dire, mais je sais que certains de nos jeunes gens et de nos jeunes filles se sont éloignés et s'enlisent dans les marais brumeux de l'immoralité, de la drogue, de la pornographie et de l'échec. J'espère qu'ils sont une minorité, mais la perte d'un seul d'entre eux est déjà de trop.
Pères, vous avez, avec leurs mères, une responsabilité à laquelle vous ne pouvez échapper. Vous êtes les pères de vos enfants. Vos caractéristiques génétiques sont à jamais inscrites dans leur code génétique.
Pendant que nous sommes réunis ici, je suis certain que certains parcourent la ville. Ils ont, eux ou leurs amis, une voiture à conduire. Dans de nombreux cas, leur père l'a achetée. Ils leur ont donné les clés et leur ont dit de bien s'amuser.
Ils veulent faire quelque chose d'excitant. Ils croient que leurs désirs ne se satisfont pas de divertissements sains. Ils errent à la recherche de quelque chose qui les fera se sentir plus virils.
Mon ami de la police me parlait récemment de deux jeunes gens qui s'étaient retrouvés à l'arrière d'une voiture de police. Ils portaient des menottes. Ils avaient commencé la soirée innocemment. Ils étaient quatre dans une voiture et cherchaient des sensations fortes. Ils en ont trouvé. Une bagarre n'a pas tardé à éclater. Les voitures de police sont alors arrivées. Les garçons ont été arrêtés et on leur a mis des menottes.
C'étaient de bons petits jeunes. Ils n'étaient pas du genre de ceux qui vont périodiquement en prison. La mère de l'un d'eux lui a dit avant qu'il parte de chez lui : « A partir de onze heures, les choses se gâtent. »
Il a appris rapidement ce que cela voulait dire. Il était embarrassé. Il avait honte de regarder sa mère dans les yeux.
J'ai parlé à la Société de Secours de soirées illégales où l'on consomme de la drogue, les « Rave party ». Dans ces endroits pleins de lumières fortes et de musique bruyante, si on peut appeler cela de la musique, des jeunes gens et des jeunes filles dansent et se balancent. Ils vendent et achètent de la drogue. Elle porte le nom d'Ecstasy. C'est un dérivé de la méthamphétamine. Les danseurs sucent des sucettes pour bébé parce que la drogue les fait grincer des dents. La musique suggestive et la danse sensuelle se poursuivent jusqu'à 7 h 30, le dimanche matin. Où tout cela mène-t-il ? Nulle part. Il s'agit d'une voie sans issue.
Maintenant une nouvelle pratique s'est développée dans la recherche de sensations nouvelles, différentes et plus dangereuses. On s'étrangle mutuellement. Les garçons étranglent les filles jusqu'à ce qu'elles en perdent connaissance. L'autre jour, dans une école, une fille qui avait des problèmes de santé a été étranglée jusqu'à devenir inconsciente. Elle n'a été sauvée que par l'intervention rapide des services d'urgence.
Les jeunes gens qui se livrent à ces pratiques ridicules se rendent-ils compte que leur plaisanterie peut les conduire à une inculpation pour meurtre ? Dans ce cas, leur vie serait à jamais gâchée.
S'ils veulent s'adonner à la pornographie, ils peuvent le faire très facilement. Ils peuvent décrocher le téléphone et composer un numéro qu'ils connaissent bien. Ils peuvent se mettre à l'ordinateur et se repaître d'ordures du cyberespace.
Je crains que ceci se produise chez certains d'entre vous. C'est vicieux. C'est lubrique et ordurier. C'est attirant et asservissant. Cela amènera un jeune homme ou une jeune fille à la destruction plus sûrement que quoi que ce soit d'autre au monde. C'est une activité souillante et répugnante qui enrichit les gens qui l'exploitent et qui appauvrit ses victimes.
Je suis au regret de dire que même de nombreux pères aiment entendre le chant de sirènes de ceux qui font le commerce infâme de la souillure. Certains partent aussi à la recherche de sites lubriques et lascifs sur l'Internet. Si un homme qui pratique cela ou va dans ce sens m'entend, je le supplie de s'en débarrasser. Fuyez cela. Restez-en à l'écart. Sinon, cela deviendra une obsession. Cela détruira votre vie au foyer. Cela détruira votre mariage. Cela remplacera ce qu'il y a de bon et de beau dans vos relations familiales par de la laideur et des soupçons.
Je vous supplie, vous, jeunes gens, ainsi que les jeunes filles de votre connaissance, de ne pas vous souiller l'esprit avec cette chose laide et vicieuse. Elle est prévue pour vous exciter et vous prendre au piège. Elle privera votre vie de sa beauté. Elle vous conduira dans les ténèbres et la laideur.
Un récent article de magazine raconte l'histoire d'une jeune fille de douze ans qui s'est fait prendre au piège de l'Internet. Dans un espace de dialogue, elle a rencontré un admirateur. De fil en aiguille, la conversation est devenue explicitement sexuelle. Quand elle communiquait avec lui, elle croyait qu'il s'agissait d'un garçon de son âge.
Quand elle l'a rencontré, elle a découvert « un grand et gros adulte aux cheveux gris ». Il s'agissait d'un pédophile et d'un maniaque. Avec l'aide du FBI, la mère a sauvé sa fille de ce qui aurait pu tourner en tragédie de la pire espèce (voir Stephanie Mansfield, « The Avengers Online », Reader's Digest, janvier 2000, pp. 100-104).
Nos jeunes rencontrent ces tentations tout autour d'eux. Ils ont besoin de l'aide de leurs parents pour y résister. Ils ont besoin d'une dose immense de maîtrise de soi. Ils ont besoin d'amis de qualité qui les renforcent. Ils ont besoin de la prière pour se fortifier contre cette marée ordurière.
Le problème du rôle des parents n'est pas nouveau. Il est peut-être plus aigu que jamais auparavant, mais chaque génération en a connu une part.
En 1833, le Seigneur lui-même a réprimandé Joseph Smith, ses conseillers et l'Episcopat président. Au prophète Joseph, il a dit d'une manière claire et nette, comme il l'avait fait pour les autres :
« Tu n'as pas gardé les commandements et tu dois nécessairement être réprimandé devant le Seigneur.
« Ta famille doit se repentir, délaisser certaines choses et prêter l'oreille plus sérieusement à ce que tu dis, sinon elle sera enlevée de sa place » (D&A 93:47-48).
Je ne sais pas précisément ce qui a attiré ces réprimandes. Mais je sais que la situation était suffisamment grave et l'avenir suffisamment menaçant pour que le Seigneur en personne prenne la parole avec clarté sous forme d'avertissement.
Je crois qu'il s'adresse aussi à nous avec clarté en nous donnant un avertissement. J'ai de la compassion pour vos jeunes qui doivent très souvent marcher en solitaire. Ils sont entourés de ces maux. J'espère que vous pourrez, vous, leurs pères et leurs mères, les aider à porter leur fardeau. J'espère que vous écouterez, que vous serez patients et compréhensifs, que vous les ferez venir à vous, que vous les réconforterez et les soutiendrez dans leur solitude. Priez pour être dirigés. Priez pour avoir de la patience. Priez pour avoir la force d'aimer même si la faute est grave. Priez pour savoir faire preuve de compréhension et de bonté et, par dessus tout, pour avoir de la sagesse et recevoir l'inspiration.
Sans que nous sachions pourquoi, il nous a été permis de venir ici-bas à cette époque où il y a un tel déversement de connaissance. Comme il est tragique, triste et terrible de voir le fils ou la fille sur lesquels vous comptiez tant prendre la route tortueuse qui conduit à l'enfer ! Par contre, qu'il est remarquable et beau de voir l'enfant de vos rêves marcher la tête haute, droit, sans crainte et avec confiance en profitant des occasions immenses qui s'ouvrent à lui ! Esaïe a dit : « Tous tes enfants seront disciples de l'Eternel, et grande sera la paix de tes enfants » (Esaïe 54:13 ; traduction littérale de la version du roi Jacques).
Dirigez donc vos fils et vos filles, guidez-les donc depuis leur plus jeune âge et enseignez-leur les voies du Seigneur afin que la paix les accompagne pendant toute leur vie.
J'ai parlé aux femmes de la Société de Secours de plusieurs points précis qu'elles devraient enseigner à leurs fils et à leurs filles. Je vous les répète ce soir, peut-être en d'autres termes.
Premièrement, recommandez-leur de chercher de bons amis. Chaque garçon et chaque fille aspire à avoir des amis. Personne ne souhaite marcher seul. La chaleur, le réconfort et la sympathie d'un ami ont beaucoup d'importance pour un garçon ou une fille. Cet ami peut avoir soit une bonne, soit une mauvaise influence. Les bandes agressives qui traînent dans la rue sont un exemple d'amitiés qui se sont détériorées. Par contre, la fréquentation de jeunes à l'Eglise et leur rencontre dans la vie scolaire avec des personnes de leur qualité les inciteront à bien agir et à exceller dans leurs entreprises. Ouvrez votre porte aux amis de vos enfants. Si vous leur trouvez un gros appétit, fermez les yeux et laissez-les manger. Faites en sorte que les amis de vos enfants soient vos amis.
Enseignez-leur que les études sont importantes. Le Seigneur a enjoint à notre peuple d'acquérir de la connaissance afin qu'il soit formé pour servir dans la société dont il fera partie. L'Eglise sera bénie du fait de l'excellence de ses membres. En outre, ils seront largement récompensés de leurs efforts.
L'autre jour, j'ai découpé un article de journal qui disait : « Les statistiques du dernier recensement. . . indiquaient que le salaire annuel d'une personne sans diplôme secondaire ni universitaire se montait cette année-là à un peu plus de 16 000 dollars par an (en 1997). Le salaire d'un diplômé de l'enseignement secondaire n'était pas beaucoup plus important : 22 895 dollars en moyenne par an. L'écart se creuse à mesure que le niveau d'instruction s'élève. Le détenteur d'une licence gagnait en moyenne 40 478 dollars cette année-là. Enfin le détenteur d'un diplôme de deuxième ou de troisième cycle universitaire avait des revenus annuels de plus de 20 000 dollars supérieurs pour atteindre une moyenne nationale de 63 229 dollars, selon les chiffres de l'enquête » (Nicole A. Bonham, « Does an Advanced Degree Pay Off ? », Utah Business, septembre 2000, p. 37).
Apprenez le respect de soi à vos enfants. Enseignez-leur que leur corps est la création du Tout-Puissant. Le corps humain est un tel miracle, une telle merveille et d'une telle beauté !
Comme il a été dit ici ce soir, Paul a déclaré dans son épître aux Corinthiens : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous ?
« Si quelqu'un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est saint, et c'est ce que vous êtes» (1 Corinthiens 3:16-17).
Parlons maintenant de la mode des tatouages. Je n'arrive pas à comprendre qu'un jeune homme, ou même une jeune fille, voudrait, par ailleurs, subir le processus douloureux qui consiste à enlaidir sa peau de diverses représentations multicolores de personnes, d'animaux et de divers symboles. Le résultat est permanent à moins que l'on recoure à une autre opération douloureuse et coûteuse pour les faire disparaître. Pères, mettez vos fils en garde contre les tatouages. Peut-être qu'ils ne sont pas d'accord maintenant, mais le temps viendra où ils vous en remercieront. Un tatouage est un graffiti sur le temple qu'est notre corps.
Il en est de même pour le percement du corps afin de porter plusieurs anneaux sur l'oreille, dans le nez et même sur la langue. Comment peuvent-ils trouver cela esthétique ? C'est une mode éphémère mais ses effets peuvent être permanents. Certains sont allés jusqu'à de tels extrêmes qu'ils ont dû être opérés pour leur enlever l'anneau. La Première Présidence et le Collège des Douze ont déclaré que l'Eglise dissuade de porter des tatouages. Elle dissuade aussi « de se percer des parties du corps à d'autres fins que médicales ». Nous ne nous prononçons cependant pas sur « le percement des oreilles pour les femmes pour une seule paire de boucles d'oreilles », une seule paire.
Apprenez-leur à fuir la drogue. Il en a été parlé ici avec éloquence. J'ai déjà parlé de l'Ecstasy. Souhaitez-vous que vos enfants aient la paix dont parle Esaïe ? Ils ne connaîtront pas la paix s'ils ont affaire avec la drogue. Ces produits illégaux les priveront de leur maîtrise de soi, prendront possession d'eux au point qu'ils feront n'importe quoi de légal ou d'illégal pour s'en procurer.
Enseignez-leur la vertu de l'honnêteté. Il n'y a sous le ciel rien qui vaille un homme, une femme, un jeune homme ou une jeune fille honnête. Ils ne ternissent pas leur réputation en ne tenant pas leur parole. Leur conscience n'est souillée par aucun acte de duplicité. Ils peuvent marcher la tête haute, s'élevant au-dessus de la foule de personnes inférieures qui se laissent constamment aller à mentir, à tricher et qui se justifient en disant qu'un petit mensonge ne fait aucun mal. Cela fait du mal parce que de petits mensonges en amènent de plus gros et que les prisons de notre pays en sont la meilleure preuve.
Enseignez-leur la vertu. Il ne peut y avoir de paix sans pureté sexuelle. Notre Père céleste a mis en nous des désirs qui nous rendent attirants les uns pour les autres, garçons et filles, hommes et femmes. Mais une discipline personnelle stricte, forte et sans faille doit accompagner ce besoin.
Enseignez-leur à aspirer à se marier à la maison du Seigneur, allant à l'autel exempts de toute souillure ou de tout mal. Ils seront reconnaissants tous les jours de leur vie de s'être mariés au temple en étant dignes et sous l'autorité de la prêtrise éternelle.
En passant, je voudrais dire quelque chose aux hommes.
Surveillez les moments critiques de votre vie afin de ne pas être pris au piège de situations qui causent du chagrin, du regret et finalement le divorce. Le divorce devient quelque chose d'ordinaire tout autour de nous. Il y a tant de personnes qui enfreignent les alliances solennelles qu'ils ont contractées devant Dieu dans sa sainte maison.
Brigham Young a dit : « Lorsque vous êtes mariés, au lieu d'essayer de vous débarrasser l'un de l'autre, pensez que vous avez fait le choix et efforcez-vous de l'honorer et de le respecter. Ne dites pas que vous avez fait un choix mal avisé, ne dites pas que vous avez fait un mauvais choix, et ne laissez personne croire que vous le pensez. Vous avez fait votre choix ; tenez-vous y et efforcez-vous de vous réconforter et de vous aider mutuellement » (Deseret News, 29 mai 1861, p. 98).
En fin de compte, le divorce est l'échec d'un mariage.
Tant d'hommes critiquent de manière chronique. S'ils regardaient plutôt les qualités de leur femme au lieu de chercher leurs défauts, l'amour s'épanouirait et le foyer serait en sécurité.
Enseignez à vos enfants à prier. Il n'y a pas d'autre aide qui soit comparable à la prière. C'est un miracle en soi que chacun de nous puisse s'adresser à notre Père céleste, qui est aussi le grand Dieu de l'univers, pour obtenir personnellement de l'aide et être guidé, pour recevoir de la force et de la foi. Nous sommes invités à nous adresser à lui. Ne fuyons pas l'occasion qu'il nous donne.
Puisse Dieu vous bénir, pères bien-aimés. Qu'il vous accorde la sagesse, le bon sens, la compréhension, la discipline personnelle, la maîtrise de soi, la foi, la gentillesse et l'amour. Puisse-t-il bénir les fils et les filles qui sont venus dans votre foyer, afin que vous leur tendiez une main qui les rend plus forts et les guide sur le chemin parsemé d'embûches de la vie. Les années passant, et elles passeront si vite, puissiez-vous connaître « la paix. . . qui surpasse toute intelligence » (Philippiens 4:7) en regardant vos fils et vos filles qui connaissent également cette paix sacrée et merveilleuse. Je prie humblement pour cela. Au nom de notre Seigneur Jésus-Christ. Amen.