Les décisions déterminent le destin
Thomas S. Monson
Premier conseiller dans la Première Présidence
Veillée du DEE pour les jeunes adultes • 6 novembre 2005 • université Brigham Young
Vous êtes un groupe magnifique, une génération élue, assemblée ici au Marriott Center de l’université Brigham Young et à de nombreux autres endroits. C’est un honneur pour moi d’être avec vous, et je tiens à ce que je vous sachiez qu’il n’est aucun autre endroit où je voudrais être ce soir.
J’aborde ce discours avec une prière fervente. Je vous demande le secours de votre foi et de vos prières.
En vous regardant, vous qui êtes assemblés ici, et en pensant à ceux qui sont assemblés ailleurs, mes pensées vont à vos parents. Depuis de nombreuses années j’ai la bénédiction presque chaque semaine d’assister à des conférences de pieu et d’être dans le foyer d’un président de pieu ou d’un conseiller de président de pieu. Parfois il se passe des choses assez intéressantes. Il est arrivé qu’un petit enfant, ne sachant pas que maman et papa avaient laissé leur chambre et leur lit à une Autorité générale, se glisse dans la chambre très tôt le matin, croyant qu’il allait se retrouver dans le lit avec papa et maman, et s’aperçoive, stupéfait et confus, que ce n’était pas le cas.
Je me souviens que lors de l’une de ces occasions, il y a de nombreuses années, tandis que je visitais le pieu d’Indianapolis, le président Lowe, qui travaillait à l’université de Purdue, m’a dit : « Frère Monson, voudriez-vous passer la nuit chez nous samedi, ou préférez-vous vous dispenser de soixante kilomètres de route et rester chez mon conseiller, à Indianapolis ?
J’ai répondu : « Eh bien, président, il est tard, et si cela ne vous fait rien, je vais passer la nuit chez votre conseiller, à Indianapolis. »
Le lendemain matin, le président Lowe m’a salué à huit heures du matin et m’a dit : « Frère Monson, vous avez pris une décision inspirée. »
J’ai demandé : « Comment cela ? »
Il a répondu : « Eh bien, nous avons un fils qui est à l’université, loin d’ici et nous nous attendions bien entendu à ce que vous occupiez notre chambre samedi matin. Mais à notre insu et totalement à l’improviste, notre fils est rentré de l’université à deux heures du matin, a passé la porte, a monté l’escalier jusqu’à notre chambre, a allumé la lumière et a crié : ‘ Surprise !’ »
Je ne sais pas qui, de l’étudiant ou de moi, aurait été le plus surpris si j’avais passé la nuit chez le président de pieu ! Je pense que c’est mieux que nous ne l’ayons pas su.
Mes jeunes amis, quelle vie passionnante vous attend ! Vous n’êtes peut-être pas un John Cabot, qui appareille vers l’inconnu avec la lettre de mission du roi pour découvrir de nouvelles terres, ni un capitaine Cook, que ses voyages d’exploration ont conduit à « des lieux lointains aux noms étranges. » Mais vous pouvez être des explorateurs par l’esprit, avec le mandat de rendre ce monde meilleur en découvrant de meilleures façons de vivre et de faire les choses. L’esprit d’exploration de la surface de la terre, de l’immensité de l’espace ou des principes qui permettent d’atteindre la grandeur dans la vie, comporte l’acquisition de la capacité de faire face aux difficultés avec courage, à la déception avec joie et au triomphe avec humilité.
Beaucoup d’entre vous connaissent la comédie musicale « Un violon sur le toit ». Je l’aime beaucoup. On rit en voyant le père démodé d’une famille juive de Russie essayer de s’accommoder du changement d’époques dont ses jolies filles lui font prendre conscience de force. Avec abandon, elles chantent : « Marieur, marieur, trouve-moi un mari. » Tevye, le père, donne sa réponse en chantant : « Ah, si j’étais riche. » Les spectateurs ont les larmes aux yeux en entendant les beaux accents de « Sunrise, Sunset », et sont touchés par l’amour de Tevye pour son village natal quand la troupe chante « Anatevka ».
La gaieté de la danse, le rythme de la musique et, l’excellence de l’interprétation, tout cela perd de son importance quand Tevye énonce ce qui devient le message de la comédie musicale. Il rassemble ses charmantes filles autour de lui, et, dans la simplicité du cadre de vie de la campagne où il vit, il leur donne des conseils tandis qu’elles s’interrogent sur leur avenir. Il leur adresse cette mise en garde : « Souvenez-vous, à Anatevak, nous savons qui nous sommes et ce que Dieu veut que nous devenions. »
Nous, saints des derniers jours, nous savons qui nous sommes et ce que Dieu veut que nous devenions. Écoutez la vérité enseignée dans le premier livre de Moïse, la Genèse : « Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance… Dieu créa l’homme à son image : il le créa à l’image de Dieu. Homme et femme, il les créa… Dieu les bénit » (Genèse 1:26-28).
« Créa à l’image de Dieu. » Nous ne pouvons pas avoir cette conviction sincère sans éprouver que nous avons une grande force et un grand pouvoir. Nous, saints des derniers jours, nous savons que nous avons vécu avant de venir sur terre, que la condition mortelle est une période de mise à l’épreuve où nous pouvons nous montrer obéissants au commandement de Dieu et donc dignes de la gloire céleste. Oui, nous savons qui nous sommes et ce que Dieu veut que nous devenions. Cependant, cette connaissance ne nous garantit pas que nous atteindrons notre but d’avoir la vie éternelle.
Au cours des cinquante dernières années environ, il y a eu dans le monde entier un déclin graduel mais continu de nombreuses phases de la vie. Nous observons des relations dépourvues de morale, la science dénuée d’humanité, la connaissance dépourvue de personnalité, les affaires dénuées d’éthique, la religion dénuée de sacrifice, le plaisir sans conscience, la politique dénuée de principe, et la richesse sans travail.
C’est peut-être le célèbre auteur Charles Dickens qui a le mieux décrit notre époque quand il a parlé de la période d’il y a deux siècles. Son classique Conte des deux villes commence ainsi :
C’était la meilleure des époques, c’était la pire des époques ;
c’était l’ère de la sagesse, c’était l’ère de la folie ;
c’était l’époque de la croyance et c’était l’époque de l’incrédulité ;
c’était une période de lumière et c’était une période de ténèbres ;
c’était le printemps de l’espérance, c’était l’hiver du désespoir ;
tout s’offrait à nous, et nous n’avions rien devant nous.
Tel est notre monde. L’avenir est entre vos mains. L’issue dépend de vous. Le chemin qui mène à l’exaltation n’est pas une autoroute offrant une vision illimitée, où la vitesse n’est pas restreinte et qui ne met pas les compétences à l’épreuve. Au contraire, il est connu pour ses nombreux embranchements et tournants, ses virages serrés et ses contrôles de vitesse. Vos compétences de conducteur seront mises à l’épreuve. Vous êtes prêt ? Vous êtes au volant. Vous n’avez jamais pris cette route auparavant. Heureusement, le grand constructeur d’autoroutes, notre Père céleste, nous a fourni une carte routière où est indiqué l’itinéraire à prendre. Il a placé des panneaux le long de la route pour vous guider vers votre destination. Peut-être en reconnaissez-vous certains :
- • « Honore ton père et ta mère » (Exode 20:12).
- • « Sondez les Écritures ; car… elles témoignent de moi » (Jean 5:39).
- • « Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice » (Matthieu 6:33).
- • « Soyez purs » (3 Néphi 20:41).
Le malin, lui aussi a placé des panneaux routiers pour nuire à votre progression et vous écarter du chemin de la vérité dans les déviations du péché. Ses déviations mènent toutes à une impasse. Avez-vous remarqué ses panneaux :
- • Rien que cette fois ; ça n’a pas d’importance.
- • Ça ne peut faire de mal qu’à moi.
- • Je fais ce que je veux de mon amour ; je fais ce que je veux de ma vie.
- • Les temps ont changé.
A présent, nous voyons s’approcher la responsabilité de choisir, la crise inévitable à la croisée des chemins de la vie. Celui qui voudrait vous entraîner vers la chute attend patiemment une nuit sombre, une volonté défaillante, une conscience confuse, un esprit qui a perdu ses repères. Êtes-vous prêts à prendre les décisions à la croisée des chemins ?
Je ne saurais trop souligner que ce sont les décisions qui déterminent le destin. On ne peut prendre de décisions à la portée éternelle sans avoir de conséquences à la portée éternelle.
Je vais vous indiquer une formule simple qui vous permettra d’évaluer les choix qui se présentent à vous. Elle est facile à se rappeler, parfois difficile à appliquer : On ne peut pas se sentir bien en faisant le mal ; on ne peut pas se sentir mal en faisant le bien. Votre conscience personnelle vous avertit toujours comme un ami avant de vous punir comme un juge.
Le Seigneur, dans une révélation donnée par l’intermédiaire de Joseph Smith, le prophète, à Kirtland (Ohio) en mai 1831, a dit : « Ce qui n’édifie pas n’est pas de Dieu, et est ténèbres. Ce qui est de Dieu est lumière » (D&A 50:23-24).
Certains insensés se détournent de la sagesse de Dieu et recherchent les tromperies de la mode capricieuse, l’attrait de la fausse popularité et le plaisir fugace. Leur comportement ressemble terriblement à l’expérience désastreuse d’Esaü, qui a échangé son droit d’aînesse contre un potage de lentilles.
Pour illustrer cela, je vais vous faire part des résultats d’un sondage effectué par un organisme à la bonne réputation parus dans un magazine national. Le sondage s’intitulait : « Que feriez-vous pour dix millions de dollars ? » Je vous pose les questions du sondage :
- • Pour dix millions de dollars en liquide, est-ce que vous quitteriez votre famille pour toujours ?
- • Est-ce que vous épouseriez quelqu’un que vous n’aimez pas ?
- • Est-ce que vous renonceriez à tous vos amis à jamais ?
- • Est-ce que vous feriez un an de prison sur une fausse accusation ?
- • Est-ce que vous vous déshabilleriez en public ?
- • Est-ce que vous accepteriez un emploi dangereux dans lequel vous auriez une chance sur dix de perdre la vie ?
- • Est-ce que vous deviendriez mendiant pendant un an ?
Un pour cent des personnes interrogées quitteraient leur famille, dix pour cent se marieraient sans amour, onze pour cent renonceraient à leurs amis, douze pour cent se déshabilleraient en public, treize pour cent iraient en prison pendant un an, quatorze pour cent prendraient un emploi à risques et vingt et un pour cent mendieraient pendant un an.
Si c’est l’argent et non le sens moral qui dirige nos actes, nous sommes en train de nous éloigner de Dieu. Le fait de nous écarter de Dieu a pour conséquences les alliances non respectées, les rêves anéantis, les ambitions disparues, les attentes déçues, les espoirs brisés et les vies ruinées.
Je vous supplie d’éviter ces marais et ces sables mouvants. Vous êtes de noble naissance. La vie éternelle dans le royaume de notre Père est notre but. On n’atteint pas ce but en une seule tentative glorieuse mais il est le résultat d’une vie entière de droiture, d’une accumulation de choix empreints de sagesse et de la constance dans la poursuite d’un objectif. Comme la meilleure note que l’on espère avoir à un cours universitaire obligatoire difficile, la récompense de la vie éternelle exige des efforts.
On raconte une fable sur Euclide, le pharaon et la géométrie. On dit que le pharaon, enthousiasmé par certaines des explications et des démonstrations d’Euclide, voulut apprendre la géométrie. Euclide entreprit de la lui enseigner. Il étudia pendant une brève période, puis appela Euclide et lui dit que le processus était trop lent pour lui. Il était pharaon ; il devait y avoir un raccourci. Il ne voulait pas passer tout son temps à apprendre la géométrie. Alors Euclide énonça cette grande vérité : « Votre majesté, il n’y a pas de voie royale pour apprendre la géométrie3. »
Mes jeunes amis, il n’y a pas de voie royale vers le salut et l’exaltation. Il n’y a de voie royale vers la réussite dans aucune entreprise. La meilleure note est le fruit de chaque thème, de chaque interrogation écrite, de chaque cours, de chaque examen et de chaque contrôle de fin de trimestre. De même, chaque prière fervente, chaque réunion de l’Église à laquelle on assiste, chaque ami digne, chaque décision juste, chaque geste serviable accompli, tout cela précède le but de la vie éternelle.
Il y a quelques mois, en rentrant d’un voyage pour mon appel en Allemagne, j’ai regardé par le hublot de l’avion et je me suis émerveillé en regardant les étoiles sur lesquelles le navigateur traçait sa route. J’ai pensé à vous et à l’occasion que j’aurais de vous parler ce soir. J’ai pensé à la vérité : « Les idéaux sont comme des étoiles ; on ne parvient pas à les toucher avec les mains, Mais… on les choisit pour guides, et, en les suivant, on accomplit sa destinée4. »
Quels idéaux, si vous les suivez, vous vaudront ces bénédictions que vous désirez tant : une conscience en paix, un cœur rempli d’amour, une famille aimante et un foyer où l’on est content ?
Je vous en suggère trois :
Choisissez soigneusement vos amis.
Planifiez votre avenir avec des objectifs.
Édifiez votre vie avec le soutien de la foi.
Premièrement : Choisissez soigneusement vos amis.
Nous avons tiré une leçon importante d’une enquête qui a été faite dans certaines paroisses et certains pieux de l’Eglise. En général, les personnes qui avaient des amis mariés au temple s’étaient mariées au temple tandis que celles qui avaient des amis qui ne s’étaient pas mariés au temple ne s’y étaient pas mariées. L’influence des amis semblait être un facteur plus important que les exhortations des parents, l’enseignement en classe ou la proximité d’un temple
Nous avons tendance à devenir comme les personnes que nous admirons. Comme dans “ The Great Stone Face ” (Le grand visage de pierre) de Nathanael Hawthorne, nous adoptons les manières, les attitudes et même le comportement des personnes que nous admirons, et en général, ce sont nos amis. Fréquentez les personnes qui, comme vous, ne poursuivent pas des convenances éphémères, des buts sans profondeur ou des ambitions étriquées, mais qui recherchent ce qui est de première importance, c’est-à-dire les objectifs éternels.
Sur le mur du transept est de l’église Memorial de l’université de Stanford est inscrite cette vérité : « Tout ce qui n’est pas éternel est trop court, et tout ce qui n’est pas infini est trop petit5. »
Au-delà de votre cercle d’amis terrestres, je vous conseille vivement de faire de votre Père céleste un ami. Il se tient prêt à répondre à vos prières sincères. Étant le Père de votre esprit, vous ayant créés à sa propre image, connaissant la fin depuis le commencement, sa sagesse ne fera pas défaut et ses recommandations seront toujours vraies. Faites de lui un ami.
Il y a un autre ami important que vous devez avoir, c’est l’évêque de votre paroisse. Il a été appelé par Dieu, par prophétie et par l’imposition des mains d’hommes qui en ont l’autorité. Il a droit à l’aide céleste pour vous faire des recommandations et vous guider. Faites de lui un ami.
Je me souviens bien des difficultés que rencontraient les jeunes de la paroisse que j’ai un jour présidée en tant qu’évêque. Un soir une charmante adolescente est entrée dans mon bureau avec son petit ami pour parler avec moi. Ils étaient très amoureux l’un de l’autre et la tentation commençait à devenir intense.
Au cours de notre conversation, chacun a promis à l’autre de résister à la tentation et de garder en priorité à l’esprit l’objectif du mariage au temple. Je leur ai indiqué une marche à suivre puis je me suis senti poussé à dire : « Si vous vous trouvez un jour dans une situation où vous avez peur de succomber et que vous avez besoin de force, appelez-moi, quelle que soit l’heure. »
Une nuit à une heure du matin, le téléphone a sonné et une voix a dit : « C’est Susan. Vous vous souvenez que vous m’avez demandé de vous appeler si j’étais tentée ? Eh bien, c’est le cas. » Je lui ai demandé où elle se trouvait et elle m’a décrit un parc de stationnement bien connu dans la vallée du lac Salé. Son fiancé et elle étaient allés à une cabine téléphonique pour m’appeler. Le cadre n’était pas idéal pour donner des conseils, mais le besoin était grand et le jeune couple était réceptif.
Je ne dirai pas combien de fois Susan m’a appelé. Mais quand le facteur a déposé chez nous le faire part de mariage et que ma femme a lu : « M. et Mme Jones ont le plaisir de vous inviter à la réception de mariage de leur fille, Susan », elle a soupiré en disant : « Merci ! » Quand j’ai remarqué ce qui était imprimé en dessous : « Mariés au temple de Salt Lake City », j’ai dit en moi-même : « Merci pour la force des jeunes saints des derniers jours. »
Choisissez soigneusement vos amis.
Deuxièmement : Planifiez votre avenir avec des objectifs.
Le grand Thomas Carlyle a dit : « Un homme sans objectifs est comme un navire sans gouvernail, errant, anonyme, insignifiant. Ayez un objectif dans la vie, et quand vous l’avez consacrez-y toute l’intelligence, toute la force que Dieu vous a données6. »
Il y a de nombreuses années, j’ai été président de mission. J’ai eu 450 missionnaires merveilleux et dévoués. Lorsque nous sommes rentrés chez nous à Salt Lake City, ma femme et moi avons été un peu surpris, un soir que nous examinions ce que nos missionnaires étaient devenus, de constater qu’il y avait des sœurs missionnaires qui n’avaient pas encore trouvé de compagnon éternel. Nous avons décidé de faire quelque chose. J’ai dit à ma femme : « Frances, planifions avec un objectif et invitons chez nous trois ou quatre de nos charmantes sœurs missionnaires. Nous aurons une activité où elles pourront nous dire qui elles aimeraient inviter à une veillée chez nous parmi tous les anciens missionnaires célibataires. Alors nous montrerons des photos de la mission et nous les ferons asseoir de manière à ce qu’ils fassent bien connaissance. C’est ce que nous avons fait, et je peux dire que les quatre jeunes filles que nous avons invitées étaient heureuses de participer au projet.
Nous avions les photos individuelles de tous nos missionnaires, format 13x18, dans des boîtes à chaussures. Nous avions quatre boîtes avec des photos de missionnaires dans chacune. Quand ces quatre jeunes filles ont été chez nous, j’ai dit à chacune d’elles : « Voici un cadeau. Parcourez votre boîte de photos et dites-moi lesquelles de toutes ces photos représentent le jeune homme que vous aimeriez le plus inviter à venir à cette veillée. » C’était une scène intéressante. Je crois que le seul moyen de bien la décrire serait de poser une question. Avez-vous déjà vu des enfants le matin de Noël ? Nous avons donc invité les quatre jeunes gens choisis à venir chez nous avec les quatre jeunes filles, et nous avons eu une soirée merveilleuse. À la fin de la soirée, j’ai remarqué que deux d’entre eux s’éloignaient lentement de chez nous, et j’ai dit à ma femme : « Cela semble prometteur. » Ils marchaient très proches l’un de l’autre.
Peu de temps après, le jeune homme m’a téléphoné. Il m’a dit : « Président Monson, vous souvenez-vous que je vous avais promis de vous prévenir si je tombais amoureux ? »
J’ai répondu : « Oui, monsieur. »
Il a continué : « Président, je suis tombé amoureux. »
J’ai répondu : « C’est bien, de qui ? »
Il m’a dit : « Vous ne devinerez jamais. »
J’ai été discret ; je n’ai pas deviné. Je lui ai dit : « Dites-moi. » Et il m’a donné le nom de la sœur missionnaire avec laquelle il était reparti de chez moi côte à côte et main dans la main. Cela fait maintenant 42 ans qu’ils sont mariés, ils ont cinq enfants et de nombreux petits-enfants.
Certains de vous qui m’entendez sont déjà mariés, d’autres cherchez toujours la personne avec laquelle vous aimeriez passer l’éternité. Vous de la deuxième catégorie, dans votre recherche de l’homme ou de la femme de vos rêves, vous feriez bien d’écouter le conseil donné par le roi Arthur dans la comédie musicale « Camelot ». Face à un vrai dilemme, le roi Arthur aurait pu s’adresser à nous tous quand il a déclaré : « Nous ne devons pas laisser nos passions détruire nos rêves7. » Puissiez-vous suivre ce conseil essentiel. Je vous exhorte à respecter fermement vos principes. Je vous supplie de ne pas faiblir.
Lorsque j’étais enfant, j’ai eu une instructrice de l’École du Dimanche remarquable, elle est maintenant décédée. Elle s’appelait Lucy Gertsch.
Lucy était adorable et toujours si douce. Elle méritait un conjoint digne, mais elle n’en avait pas rencontré. Les années passaient et Lucy s’était résignée au fait qu’elle ne se marierait jamais. Et puis, quand elle avait environ 45 ans, elle a rencontré Dick. Elle est tombée amoureuse au premier regard. Il y avait juste un problème : Dick n’était pas membre de l’Église. Lucy a-t-elle fait l’erreur vieille comme le monde de se marier par désespoir, avec le mince espoir qu’il deviendrait un jour membre de l’Église ? Pas Lucy. Elle avait plus de sagesse que cela. Elle lui a simplement dit : « Dick, je pense que vous êtes merveilleux, mais nous ne serions jamais heureux ensemble. »
« Pourquoi ? » a-t-il répondu.
« Parce que vous n’êtes pas mormon. »
« Comment est-ce que je peux devenir mormon ? Je veux sortir avec vous. » Il a étudié l’Évangile. Elle a répondu à ses questions. Il a acquis un témoignage et il s’est fait baptiser.
Puis il a dit : « Lucy, maintenant que je suis membre, nous pouvons enfin nous marier. »
Lucy a répondu : « Oh, Dick, je t’aime tellement. Maintenant que tu es membre de l’Église tu ne te contenterais pas de quoi que soit d’autre qu’un mariage au temple. »
« Combien de temps cela va-t-il prendre, Lucy ? »
« Environ un an, si nous remplissons les autres conditions. » Un an plus tard, Lucy et Dick sont entrés dans la Maison du Seigneur.
Lucy a appliqué la vérité du poème suivant :
Ose être mormon ;
Ose être le seul ;
Ose avoir un objectif ferme ;
Et ose le faire savoir8.
Planifiez votre avenir avec des objectifs.
Troisièmement : Édifiez votre vie avec le soutien de la foi.
Dans la confusion de notre époque, les conflits de conscience et le tourbillon de la vie quotidienne, une foi constante devient une ancre pour notre vie.
Les petits enfants peuvent nous donner des exemples de foi intéressants. Il y a quelque temps, j’ai relevé dans l’un de nos magazines nationaux une petite compilation de « Lettres d’enfants à Dieu ». Je les ai trouvées très intéressantes.
Le petit Marc a écrit : « Cher Dieu, j’attends toujours le printemps, mais il n’est toujours pas arrivé. Qu’est-ce qui se passe ? N’oublie pas. »
Un autre enfant a dit : « Cher Dieu, si tu as établi la règle que les enfants doivent sortir les poubelles, s’il te plaît, change-la. »
Le petit Mickey a écrit : « Cher Dieu, si tu regardes à l’église dimanche, je te montrerai mes nouvelles chaussures. »
Jeff a écrit : « Cher Dieu, c’est formidable comme tu mets toujours les étoiles à la bonne place. Pourquoi est-ce que tu ne peux pas le faire pour la lune ? »
Joyce a écrit : « Cher Dieu, merci pour mon petit frère, mais j’avais prié pour avoir un petit chien. »
Voici celle que je préfère, de Matthew : « Cher Dieu, j’ai lu ton livre et je l’aime beaucoup. » Puis il demande : « J’aimerais écrire un livre un jour, avec le même genre d’histoires. Où est-ce que tu trouves tes idées ? Sincèrement9. »
La véritable foi requiert de la détermination, et le genre de détermination requis est celle exposée par une étudiante de 21 ans qui a déclaré :
Notre génération a été exposée, par tous les moyens de communication, à des peurs importantes et mineures : la petite menace de ne pas trouver un compagnon si on n’utilise pas un certain bain de bouche, ou la peur de ne pas être acceptée si on n’abandonne pas certains principes de moralité parce que c’est « la nature animale ».
Beaucoup d’entre nous acceptent les principes par lesquels « On ne peut rien contre l’administration » et « Il faut profiter de la vie », car demain nous mourrons d’une guerre nucléaire ou d’une autre catastrophe.
Je suis suffisamment vieux jeu pour croire en Dieu, pour croire à la dignité et au potentiel de sa création, l’homme, et je suis suffisamment réaliste, pas idéaliste, pour savoir que je ne suis pas la seule à avoir ces sentiments.
Certains disent qu’à l’inverse d’autres générations nous n’avons pas de mission dans la vie, que tout nous a été donné. Nous n’avons pas été dorlotés, mais spirituellement appauvris. Je ne veux pas vivre dans la pauvreté de l’abondance, et je ne peux pas vivre seule.
Souvenez-vous que la foi et le doute ne peuvent pas coexister dans le même esprit en même temps, car l’un chassera l’autre. Ayez une foi ferme.
Je pense au récit que j’ai lu de la vie de l’une de nos premières pionnières. Elle s’appelait Catherine Curtis Spencer. Son mari, Orson Spencer, était un homme sensible et instruit. Elle avait été élevée à Boston et elle était cultivée et raffinée. Orson et elle avaient six enfants. Après avoir quitté Nauvoo, sa santé délicate a décliné en raison du froid et des difficultés. Frère Spencer a écrit aux parents de sa femme, leur demandant si elle pouvait retourner vivre chez eux le temps qu’il s’établisse dans l’Ouest. Ils ont répondu : « Qu’elle renonce à sa foi dégradante et elle pourra revenir, mais jamais tant qu’elle ne l’aura pas fait. » Sœur Spencer n’a pas voulu renoncer à sa foi. Quand il lui a lu la lettre de ses parents, elle a demandé à son mari de prendre sa Bible et de lui lire dans le livre de Ruth : « Ne me presse pas de te laisser, de retourner loin de toi ! Où tu iras j’irai, où tu demeureras je demeurerai ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu » (Ruth 1:16). À l’extérieur la
tempête faisait rage, la bâche du chariot fuyait, et des amis tenaient des casseroles au-dessus de la tête de sœur Spencer pour qu’elle ne soit pas mouillée. Dans cette situation, et sans un mot de plainte, elle a fermé les yeux pour la dernière fois10.
Bien que nous n’ayons pas nécessairement à donner notre vie au service de notre Dieu, nous pouvons certainement lui montrer notre amour en le servant bien. Il entend nos prières silencieuses, il observe nos actes discrets, il nous récompensera ouvertement quand le besoin viendra.
Si le doute frappe à votre porte, dites simplement à ces pensées sceptiques, perturbantes, rebelles : « Je propose de garder ma foi, la foi de mon peuple. Je sais que le bonheur et la satisfaction en dépendent, et je vous interdis, pensées agnostiques et doute, de détruire ma foi. Je reconnais que je ne peux pas expliquer les miracles de la Bible, et je n’essaye pas de le faire, mais j’accepte la parole de Dieu. Je n’étais pas avec Joseph, mais je le crois. La foi ne m’est pas venue par la science, et je ne permettrai pas à la prétendue science de la détruire. Si je change d’idée à propos de Dieu et de son œuvre, ce n’est que l’inspiration de Dieu qui me fera changer. »
Édifiez votre vie avec le soutien de la foi.
Si vous choisissez vos amis avec soin, planifiez votre avenir avec des objectifs et édifiez votre vie avec le soutien de la foi, vous mériterez la compagnie du Saint-Esprit. Vous aurez une espérance d’une pureté parfaite. Vous témoignerez par votre propre expérience de la véracité de la promesse du Seigneur : « Moi, le Seigneur, je suis miséricordieux et bienveillant envers ceux qui me craignent et me réjouis d’honorer ceux qui me servent en justice et en vérité jusqu’à la fin. Grande sera leur récompense et éternelle leur gloire » (D&A 76:5-6).
Je témoigne solennellement de ces vérités parfaites et prie pour que tous les bénédictions de notre Père céleste vous soient accordées, au nom de Jésus-Christ. Amen.
Notes
1. Paroles Joan Whitney et musique Alex Kramer, « Far Away Places », 1948.
2. Voir James Patterson et Peter Kim, The Day America Told the Truth: What People Really Believe About Everything That Really Matters (1991).
3. Euclide à Ptolémée I, Proclus, Commentaires sur Euclide, Prologue.
4. Carl Schurz, discours, Boston, 18 avril 1859.
5. http://religiouslife.stanford.edu/memorial_church/ inscriptions.html
6. Voir Harold B. Lee, Conference Report, octobre 1952, p. 17 ; Thomas S. Monson, Conference Report, avril 1982, p. 84.
7. Alan Jay Lerner et Frederick Loewe, Camelot, 1960.
8. Thomas S. Monson, Le Liahona, juillet 2000, p. 56 ; voir aussi Mark E. Petersen, Conference Report, avril 1952, p. 104.
9. Stuart Hample et Eric Marshall, comp., More Children’s Letters to God (1967) ; Hample et Marshall, Children’s Letters to God: The New Collection (1991).
10. Voir Nicholas G. Morgan, « And Thus History Was Made », Improvement Era, juillet 1940, p. 399 ; voir aussi Preston Nibley, Exodus to Greatness (1947), p. 132-135.